Vendredi 25 avril 2008

 

Le 8 mai 2007, des chercheurs de l'Université Hébraïque de Jérusalem ont annoncé   la  découverte du tombeau d'Hérode 1er le Grand, après plus de 35 ans de fouilles archéologiques. Le sarcophage a été découvert sur le versant Nord Est de l'Hérodion, une colline artificielle bâtie sous le règne d'Hérode 1 er le Grand au sommet de laquelle se trouve un palais, à une douzaine de   kilomètres au sud de Jérusalem, le seul site qui porte son nom.


Les archéologues n'ont pas retrouvé d'ossements dans le tombeau, ni d'inscriptions portant le nom du souverain. Cependant, "Il y a trois semaines, nous avons découvert des éléments du sarcophage - en pierre de Jérusalem rougeâtre et ornés de rosettes-, l'emplacement, et la nature unique des vestiges nous ont permis d'affirmer qu'il s'agissait bien du site de son tombeau » a déclaré le professeur Ehoud Netzer directeur des fouilles de l'Hérodion depuis 1972. Le sarcophage devait mesurer

2,5 de long et a été fermé par un couvercle à section triangulaire. Découvert en centaines de morceaux, les fragments de sarcophage portent des traces de coups de marteaux montrant qu'il a été brisé volontairement, sans doute en 66 ap. JC lors de la grande révolte des juifs, ont précisé les chercheurs. Cette révolte a été initiée par les Zélotes, des  groupes de juifs qui ont combattu le pouvoir romain les armes à la main.

Jusqu'en août 2006, les fouilles se sont concentrées sur la partie inférieure du site, où ont été découverts des vestiges de constructions prévues pour les funérailles d'Hérode. Les chercheurs ont mis à jour un immense bassin rituel (Mikhvé), ainsi qu'une allée immense, de 350 m de long sur 30 mètre de large. Cependant  aucune trace de tombeau n'avait été retrouvée à proximité. En août 2006, les fouilles ont été réorientées plus haut sur la colline, là ou le sarcophage a été découvert. Les archéologues de l'Université Hébraïque de Jérusalem ont émis l'hypothèse que dans les dernières années de sa vie, Hérode avait changé d'avis et décidé de se faire enterrer dans la partie supérieure d'Hérodion. Flavius Josèphe a décrit les obsèques du roi Hérode, relatant un défilé de ses troupes armées marchant devant le corps du souverain défunt,  suivis de ses 500 serviteurs portant des épices."Le corps a été transporté sur une distance de plus de 200 mètres jusqu'à l'Hérodion.” D'après le professeur Netser, ce récit correspond   vraisemblablement a la longue allée mise a jour par les archéologues, qui aurait été construit spécialement pour le cortège funéraire; tout comme l'escalier monumental d’accès au tombeau composé de marches en pierre de 6,5 mètres de large. Le sarcophage a été trouve sur une esplanade de cent mètres carrés, couverte d'un dallage de pierres taillées.

 

L'historien Flavius Josèphe a rappelé dans ses mémoires qu'Hérode avait fait construire l'Hérodion à l'emplacement d'une bataille qu'il avait remportée contre les Asmonéens et y avait réservé un terrain pour une sépulture royale où il comptait être enterré. Hérode Ier le Grand était issu d'une famille convertie au judaïsme trois générations plus tôt, désigné «roi des Juifs» par le sénat romain, il a toujours été considéré comme un étranger par la majorité de la population juive. Il a règne sur tout le royaume de David entre l'an 37 et 4 avant Jésus-Christ, l'histoire a gardé le souvenir d'un roi cruel et sanguinaire, réputé pour ses exécutions sommaires.  

 

Surnommé également le roi bâtisseur,  Hérode  Ier a fait bâtir de nombreux édifices gigantesques et des places fortifiées sous son règne.  En trente années, il a fait construire les remparts de la vieille ville, le théâtre et amphithéâtre de Jérusalem, Massada, Cypros,  Alexandréion, Hyrcania et Machéronte. L'architecture de ses nombreuses constructions à Samarie, Césarée et Jéricho, ont témoigné qu'il a été profondément helléniste. Il a pourtant décidé en l'an 20 avant JC de restaurer le Temple juif de Jérusalem auquel il a ajouté la forteresse Antonia. La bienveillance d'Hérode pour les Grecs païens et les Samaritains lui a valu l'hostilité des Pharisiens. Flavius Josèphe a prétendu qu'à la veille de sa mort, il avait voulu ordonner le massacre des docteurs pharisiens, « pour être sûr que les Juifs pleureraient après sa mort ». Au contraire, un courant juif minoritaire, les Hérodiens, le considéraient comme le Messie annoncé.

Les dépêches d'AP et AFP et Reuters ont annoncé la découverte archéologique   en rappelant que le tombeau découvert était celui d'Hérode cité dans l'évangile de Matthieu (II, 16), responsable du "Massacre des Innocent". "Craignant la naissance d'un nouveau roi des Juifs en la personne de Jésus, Hérode ordonne l'assassinat de tous les enfants mâles vivant à Bethléem, la ville natale de Jésus, par crainte d'être détrôné. La fuite en Egypte de Joseph et Marie avec leur enfant est liée à cet épisode de l'Histoire : il s'agissait de cacher Jésus pour que l'enfant échappe à ce massacre" (Reuters, le 9 mai 2007). Une manière étonnante de présenter cette découverte archéologique, si l'on prend en compte le fait que cet évangile a pourtant été sujet à de nombreuses controverses. Plusieurs 'Hérode'  ont succédé Hérode 1er le Grand, qui en outre est décédé en l'an 4 avant Jésus-Christ; entre autre son fils d'Hérode Antipas II qui a vécut de 21 avant J.C a 39 après JC, et   son petit-fils Hérode Agrippa I (27-93 après JC).

Les fouilles archéologique de l'Hérodion ont été entreprises par des moines franciscains à la fin des années 1950 et confiées, en 1972, cinq ans après la guerre des 6 jours, à une équipe d'archéologues israéliens dirigés par Ehoud Netzer, de l'université hébraïque de Jérusalem. Dès l'annonce de cette découverte majeure, les archéologues palestiniens et la presse étrangère ont déclaré qu'Israël a utilisé cette découverte archéologique pour réaffirmer la légitimité de sa présence dans la région; l'Hérodion se trouvant dans le Goush Etsion, en zone C de Cisjordanie.  L'archéologue  palestinien Ouael Hamamra a supposé qu'il s'agissait de la tombe d'un des officiers d'Hérode, Israël aurait exagéré l'importance de cette découverte pour en faire un parc archéologique. « Les fouilles archéologiques de l'Hérodion par des Israéliens sont illégales,  le site se trouve en zone C, et devrait être fouillé par des archéologues palestiniens», a-t-il ajoute. Le ministre palestinien du Tourisme Khulud Dwaibess, responsable des sites archéologiques palestiniens, a quant à lui déclaré qu'une équipe d'archéologues palestiniens devaient inspecter le site et qu'il ne souhaitait pas commenter la découverte avant d'avoir reçu leur rapport.  La découverte de ce tombeau "constitue une nouvelle preuve du lien existant entre Gush Etzion avec le peuple juif et Jérusalem", a pour sa part déclaré à la radio militaire Shaoul Goldstein, responsable du conseil municipal de Gush Etzion.

L'Hérodion est situé entre les implantations juives Tekoa, Nokedim et les villages arabes Furdeis et Zetra. Déjà depuis 1980 le site a été un parc archéologique de l'Autorité Israélienne pour la Protection de la Nature et des Parcs Nationaux. Les visiteurs ont été très rares depuis le début de la dernière intifada. En attendant de trouver une inscription portant le nom du défunt, les polémiques vont bon train dans une région ou même une découverte archéologique aussi passionnante que celle-ci retranscrit l'ampleur des conflits politiques.

Par Helene Machline - Publié dans : Archéologie
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Jeudi 24 avril 2008

Rédigé le 01/10/2007

A Jérusalem, des archéologues pensent avoir mis à jour une  carrière exploitée pour la construction  du Temple d'Hérode.

"Nous savons enfin comment Hérode a puréaliser ses travaux gigantesques et où il a trouvé ses blocs de pierres, parfois plus imposants que ceux des pyramides d'Egypte", a assuré dimanche 23 Septembre devant la presse, Youval Baroukh archéologue du Département des Antiquités Israéliennes et co-directeur des fouilles du site.

Des blocs de 6 à  8 mètres longueur,  similaires à ceux utilisés il y a 2.000 ans, sous Hérode 1er dans ses travaux d'agrandissement du Second Temple, ont été extraits de cette carrière découverte à Ramat Shlomo, un quartier de Jérusalem situé à 3 km au Nord du Mont du Temple. C'est une inspection de routine préalable aux travaux de construction d'une école, qui a permis cette découverte sans précédent. Selon John Seligman le deuxième archéologue dirigeant les fouilles, cette carrière serait le seul endroit en "Eretz Israël" (Israël d'après ses frontières bibliques) où des blocs de telles dimensions ont été extraits. "Les blocs de pierres provenant de ce site  pesaient de  5 à 7 tonnes, et sont similaires à ceux du  Kotel hamaaravi (Mur Occidental) " a ajouté Yuval Barukh.

En outre, des pièces de monnaie, des tessons et des outils datant de l'époque du roi Hérode 1er le Grand  ont été mis à jour sur le site. Un burin en fer a été trouvé fiché dans une fissure entre deux blocs, une découverte  étonnante  à une époque ou le fer était une denrée rare."Ce burin a probablement été oublié ou abandonné par une personne qui a travaillé ici. L'une des deux plaques coniques l'étayant a par erreur été montée à l'envers", a précisé l'archéologue en montrant une pièce rouillée d'environ 5 kilogrammes.

Le Temple d'Hérode a été une extension massive du Second Temple, comprenant également une rénovation du Mont du Temple; ces travaux ont été initiés par Hérode Ier le Grand vers -19. La pierre extraite de la carrière  de Ramat Shlomo est appelée "malaké" en arabe, qui  signifie "royal" ;"cette roche est dure et d'un blanc éclatant rappelant le marbre "a precisé Youval Baroukh. L'historien juif Flavius Josèphe (37-100 après JC) qui a offert un témoignage capital de l'époque du Temple d'Hérode, ébloui par l'éclat des façades de l'édifice, hautes de 30 à 40 mètres, avait cru qu'elles étaient faites de marbre. Les ouvriers d'après l'historien étaient des équipes de quelques dizaines d'hommes souvent formées d'esclaves juifs,  ils se servaient de burins de fer en frappant simultanément sur la pierre, qui était ensuite détachée de la paroi à l'aide de madriers, des planches de bois très épaisses qui pouvaient être huilées ou gonflées d'eau pour détacher le bloc de la paroi rocheuse. Les blocs de pierre étaient ensuite deplacés  à l'aide de leviers puis transportés sur des chariots. Des dizaines de milliers d'hommes, chevaux et chameaux étaient dévolus à cette tâche.

L'axe routier reliant Ramallah à la Vieille ville de Jérusalem, qui abrite le Mont du Temple, se trouve à quelques centaines de mètres de la carrière. "Sur son parcours, nous avons découvert il y a deux semaines des vestiges d'une route construite à l'époque du roi Hérode 1er, justement pour le transport des blocs de pierres", a precisé l'archéologue John Seligman. Il a notamment  ajouté que 3 km ne constituaient  pas une grande distance, dans la mesure où la carrière est située à une altitude plus haute que le Mont du temple, la route en pente descendante jusqu' à la vieille ville, a facilité le transport des blocs de pierre sur des chariots à roues. D'autres carrières ont été exploitées à la même période; la carrière de Ramat Shlomo n'est pas la seule à avoir été utilisée pour ces gigantesques travaux. Mais cette découverte reste unique, il n'existe jusqu'a présent pas d'autres endroits ou des pierres aussi grandes et lourdes ont été extraites.

Les gigantesques travaux entrepris sous le règne d'Hérode 1er le Grand ont commencé par un agrandissement de la surface se trouvant au sommet du Mont Moria ( appele aujourd'ui egalement  Mont du temple / Esplannade des Mosquées ), afin d'obtenir une plus grande surface de construction pour agrandir le Temple. Des remplissages tout autour du Mont Moria ont été entrepris et des souterrains géants dont le sol se trouve  a au moins 6 mètres sous le niveau actuel, ont été creusés. Le Kotel ha maaravi - Mur Occidental était un mur soutenant les remblais autour du Mont grossit.  Lorsqu'en 1967, Israël a repris le contrôle de la vieille ville de Jérusalem,  les archéologues ont realisé que le Mur Occidental s'etendait tout autour du Mont du Temple, une partie est encore visible  près de la Porte des Lions. Les vestiges du Temple sont toujours un sujet délicat trop souvent utitlisé comme argument politique. A Camp David certains archéologues ont avancé  que le Mur Occidental était un mur consolidant la terrasse sur laquelle le second Temple était dressé à la même latitude que les mosquées d’aujourd’hui.  Pourtant, les recherches des archéologues israèliens ont montré que les fondations du Second Temple sont à un niveau plus bas que le sol de l'actuel esplanade, et dès lors, que les ruines du Temple restent à découvrir dans le sous-sol des mosquées.

 

Par Helene Machline - Publié dans : Archéologie
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Jeudi 24 avril 2008

Israël se situe dans une région aride où l’or bleu -l’eau-,  fait parti des enjeux géopolitiques majeurs. "Les chercheurs israéliens ont mis en place la technologie de dessalinisation d'eau de mer la plus rapide et la moins coûteuse en énergie électrique sur le marché mondial" déclare Avner Hermoni, directeur de l'usine israélienne Via Maris GES. Les ressources hydrauliques exploités par l'Etat hébreu étant pratiquement épuisées, 505 millions de mètres cubes d'eau de mer devraient être dessalinisées d’ici 2012.

Sous un soleil de plomb, Avner Hermoni parcourt les allées de l'usine Via Maris  du groupe israélien GES (Global Environnement Solutions), "le bruit des explosions vient du camp d'entrainement militaire sur la plage bordant l'entreprise" nous prévient-il en s'approchant. Il nous accueille avec un verre d'eau dessalinisée insipide, mais bien meilleur que l'eau fortement  chlorée des habituels robinets d'eau courante israéliens. C'est ici que  chaque année 30 millions de m3  d'eau de mer sont transformés en eau potable. Avec seulement 22 employés et un système de pointe ultra informatisé, cette usine fournit d'hors et déjà 2,5% de l'eau utilisée en Israël et dans les territoires palestiniens. 

"L'entreprise est semi-privée", explique-t-il. "L'Etat israélien s'est engagé à acheter les 30 millions de mètres cubes d'eau produite annuellement pendant les 25 prochaines années. Après cette période l'usine passera dans les mains de l'état." L'eau est vendue à 3 shéquels israéliens (0,56 euros) le mètre cube. "C'est plus cher que l'eau pompée dans le lac du Kinnereth, mais personne n'est prêt à réduire sa consommation en eau. La population israélienne comme palestinienne espère plutôt avoir un jardin privé qui sera arrosé tous les jours." continue Avner. "Par rapport aux autres pays qui consomment de l'eau de mer dessalinisée, comme a Chypre ou en l'Espagne, nous possédons le meilleur rapport qualité prix  sur le marché international". Les prévisions des scientifiques israéliens stipulent que le coût de l'énergie électrique utilisée pour la dessalinisation d'1 milliard de m3 d'eau de mer ne devrait pas dépasser 3% de la consommation électrique totale du pays. 

Une fois traitée, l'eau dessalinisée est mélangée à l'ensemble des réserves d'eau de la région et distribuée en Israël et dans les territoires palestiniens par Mekorot, la Compagnie Nationale Israélienne de l'Eau. Cette dernière a été créée 10 ans avant la création de l'Etat Israélien, en 1938, la pénurie en eau était déjà le principal souci des pionniers fondateurs de l’Etat. L'ensemble des machines électroniques  et mécaniques de l'usine sont reliées aux ordinateurs  de l'usine, le niveau de qualité de l'eau est surveillé en permanence, aussi bien par les ingénieurs de Via Maris , que  par ceux de Mekorot, également connectés par  informatique à toutes  les étapes  de la dessalinisation. Le contrat signé avec la Compagnie Nationale de l'Eau israélienne stipule que le taux de chlore ne doit pas dépasser 70 mg par m3. "Jusqu'à présent nous n'avons jamais dépassé les 40 mg par m3" explique fièrement un chercheur chimiste des laboratoires de GES.

Le groupe GES a dépensé  100 millions de dollars pour la construction de cette  usine au design impressionnant. Avner Hermoni nous entraîne pour une visite d'initiation aux différentes étapes de dessalinisation : des tuyaux sortant de la mer, jusqu'aux robinets d'eau pure.

- Le pompage: L'eau de mer est pompée à une profondeur de 9 mètres et à une distance de 850 m de la côte à l'intérieur de la mer. Elle est ensuite amenée par d'énormes tuyaux souterrains, jusqu'à l'usine de dessalinisation.
- Le prétraitement : l'eau est filtrée sur sable puis filtrée une deuxième fois sur membrane semi-perméable. A la fin de ce processus, l'eau est toujours "salée", mais chimiquement et bactériologiquement "propre",
- Le traitement de l'eau: L'eau salée est amenée sous pression à 70 bars, sur des filtres osmotiques qui ne laissent passer que les ions d'eau. A Via Maris 4800 m3 d'eau sont traités en une heure. A la fin de cette étape, l'eau n'est plus salée, elle ne possède d'ailleurs plus aucuns minéraux. Elle est totalement "pure".

- Rééquilibrage minéral: Du calcium est ajouté à l'eau dessalinisée dans deux énormes réservoirs, afin que l'eau ne soit pas totalement déminéralisée.

Les ressources hydrauliques exploitées en Israël  se trouvent pour la plupart en dehors des frontières fixées en 1967 après la guerre des Six Jours. Les points d'eau les plus importants prennent leur source dans des pays voisins plutôt hostiles. Une situation dès lors difficile à gérer pour l'Etat hébreu dont la consommation ne fait qu'augmenter chaque année. La distribution hydraulique y est d'ailleurs classée "sécurité défense".

Les chiffres sont éloquents, le lac Kinneret qui constitue la principale source d'eau utilisée en Israël, a baissé de 43 cm ces deux dernières années. Cette baisse drastique  qui selon les scientifiques israéliens devrait continuer à s’amplifier dans les prochaines années a alerté le gouvernement israélien. "Au vu de ces chiffres, il semblerait que la seule solution possible soit d’accélérer la dessalinisation de l’eau de mer." affirme Uri Shani, le directeur de  Mekorot, la Compagnie Nationale Israélienne de l'Eau. Depuis de nombreuses années déjà, les technologies de l'eau sont au centre des préoccupations d'Israël. Ce petit pays possède la troisième plus grande usine de dessalinisation au monde après l'Espagne et Chypre. Ainsi que 270 compagnies et instituts liés au secteur technologique de l’eau, dont 60 start-up. Il existe déjà trois grandes usines de dessalinisation fonctionnelles, sur la côte méditerranéenne israélienne.  Une quatrième usine qui produira  100 millions de m3  d'eau par an sera opérationnelle  dès 2010.

Les accords d'Oslo II de septembre 1995 stipulent  qu'Israël s'engage à  fournir la totalité de l'eau à l'Autorité palestinienne. D'ailleurs une partie de l'eau dessalinisée à Via Maris part vers la bande de Gaza, via Mekorot.  Les puits creusés dans la nappe phréatique aux abords immédiats de la bande de Gaza ont été surexploités, causant une  forte salinisation des puits aujourd'hui inutilisables. Les Gazaouis n'ont pas d'autres choix que de compter sur le réseau hydraulique fournit par l'Etat hébreu, ou par l'aide internationale. Israël ne pouvant ou ne voulant dépendre d'aucun pays voisin  pour ce qui est de l'approvisionnement en eau, la dessalinisation de l'eau de mer semble être  l'ultime solution.

 

 

Par Helene Machline - Publié dans : Environnement
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Jeudi 24 avril 2008
 Article réalisé pour  Enfant Magazine et publié en Avril 2008 par Hélène Machline

Temoignage, Tirsa une jeune mère israélienne  raconte son expérience avec le babyshape

Tout le monde sait qu'il est difficile de retrouver son poids initial après un accouchement. Tissus, muscles, organes, tout l'organisme est profondément modifié, et souvent la femme a l'impression que son corps ne sera jamais tout à fait le même.  Le sentiment de culpabilité lorsque l'on se déplace sans son nouveau-né empêche souvent les nouvelles mères de s'inscrire à un cours de remise en forme quel qu'il soit. Une situation qui  peut amener à l'isolement, voire à la fameuse dépression post-natale. En Israël un nouveau sport fait fureur auprès des mamans qui viennent d'accoucher, le babyshape, un programme d'aérobic pour nouvelles mamans accompagnées de leurs bébés. Le concept est simple, le poids du bébé et  la poussette sont utilisés comme des appareils de sport. Les activités se déroulent en plein air et en chantant.

D'après les participantes, il s'agit d'un véritable remède au spleen qui peut survenir après l'accouchement. Une psychologue américaine, Rachelle Oseran,  est à l'origine du concept de babyshape. L'étude qu'elle a réalisée a démontré que 2 facteurs principaux permettent de lutter contre l'abattement moral qui peut survenir après une naissance: Se trouver en compagnie d'autres femmes qui viennent d'accoucher et passer du temps en plein air.

Les exercices de babyshape se déroulent dans des jardins publics et chaque séance dure une heure. C'est au Parc des Roses à Jérusalem que nous avons rencontré une dizaine de jeunes femmes pendant les exercices d'entrainement. Nous y avons connu Tirsa 28 ans, maman d'Ariel âgé de 7 mois. Elle a accepté de confier à Enfant Magazine les difficultés qu'elle a vécu après la naissance d'Ariel et la manière dont elle s'en est sortie.

"Jusqu'à la naissance d'Ariel, j'ai été professeur de musique dans un collège à Jérusalem, j'ai du arrêter toute activité professionnelle deux mois avant la naissance, car le bébé était mal accroché. On peut dire que mon mode de vie a complètement changé à ce moment là. Auparavant  j'étais toujours très occupée, physiquement comme mentalement.  Par ailleurs j'ai décidé de prendre une année sabbatique pour élever Ariel car je suis convaincue que c'est important pour le développement psychologique du bébé d'être avec sa mère pendant la première année. 

Mon travail de  professeur est épuisant, je me suis  sentie incapable d'assumer le bébé et un emploi en même temps. De plus, il y a des moments que je ne voudrai rater pour rien au monde, comme son premier sourire ou sa première  grimace.

C'est très dur de rester à la maison seule avec le bébé
 
Ariel est notre premier enfant, je n'ai pas vraiment d'expérience antérieure avec des nourrissons. Au début j'ai eu l'impression qu'il pleurait sans cesse. Ca a été très dur d'être toute la journée seule avec le bébé à la maison. Je ne pouvais aller nulle part, les pleurs d'un bébé dérangent dans la majorité des lieux publics.

Shaï, mon mari occupe deux emplois, il est joueur de clarinette, dans un groupe de musique Klezmer , il travaille souvent le soir dans des mariages et pendant la journée il est comptable. Quant a moi je n'ai pas pu me séparer du bébé ne serait ce qu'une demi journée puisque je l'allaite. En plus j'ai eu l'impression d'être devenue énorme et très faible physiquement. J'ai entendu parler de l'existence de babyshape, par hasard,  à un atelier de fabrication de bijoux auquel je suis allée  à la fin de ma grossesse.

J'ai commencé les séances de babyshape, lorsque le bébé a eu deux mois, surtout parce-que c'était la seule activité sportive à laquelle je pouvais emmener Ariel. Je ne me suis pas doutée que  les femmes que j'allais rencontrer au babyshape deviendraient un véritable soutien moral. Cela m'a fait un bien fou de pouvoir partager mes sentiments avec des personnes qui ont vécu la même chose que moi. 

Il y a quelque chose de magique qui se produit lorsque nous nous retrouvons toutes ensembles. Au début j'arrivais à chaque cours de baby shape en pleurant parce que le bébé n'avait pas voulu manger, ou bien parce qu'il avait eu faim  alors que j'étais coincée au milieu d'un embouteillage. Toutes les autres participantes ont eu une oreille attentive et m'ont donné des conseils vraiment très utiles, alors que d'habitude ce genre de propos n'intéressent personne. J'ai reçu énormément de conseils très utiles. Il y a toujours quelqu'un qui a vécu exactement la même chose que toi avant toi. Cela m'a permis de relativiser mes problèmes.

Entre 2 et 10 personnes participent  à chaque session. Certaines pendant deux ans d'affilées, jusqu'à que cela devienne ennuyeux pour le bébé, d'autres pendant quelques mois.  Courir avec une poussette, porter un bébé en faisant des exercices d'aérobic, c'est physique. Ariel pèse à présent 8 kg, après une heure de babyshape j'ai vraiment l'impression d'avoir fait du sport. Le fait de sortir de la maison, d'accomplir un acte pour moi me fait du bien.
 
Cette activité a influencé mon comportement avec le bébé

C'est aussi l'occasion pour Ariel de voir d'autres bébés. J'ai  l'impression qu'il apprécie les moments que l'on passe au parc. Je peux même vous dire quel exercice il préfère : La "grande ronde!", nous disposons tous les bébés côte à côte sur un tapis et les mamans font  une ronde en chantant, soulèvent un grand voile au dessus des bébés et le laissent tomber sur eux en s'accroupissant à côté des nourrissons.  Bien qu'Ariel dorme en général très peu, après un cours de babyshape  il s'assoupit  comme un ange .  Cette activité a notamment  influencé mon comportement avec le bébé,  je lui chante beaucoup plus de chansons. Il m'arrive aussi de faire des mouvements d'aérobic et d'assouplissement avec lui dans le salon de la maison.

Aujourd'hui j'ai retrouvé ma forme physique et mon positivisme.  Je sais que c'est normal d'éprouver des difficultés avec son enfant, surtout lorsque c'est un premier né. J'ai des projets d'avenir. Je souhaite ouvrir un atelier d'éveil musical pour mamans accompagnées d'enfants en bas âge. "

 

Par Helene Machline - Publié dans : Sociétés
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Dimanche 6 avril 2008

Derrière l'image de la "ville sainte" éternellement en conflit, Jérusalem cache une vie nocturne surprenante. Pendant la nuit la cité  change de visage pour devenir la capitale de la scène alternative israélienne. Une population composée de pratiquants, laïques, arabes et juifs, qui ont du mal à se côtoyer pendant le jour. Lorsque le soleil se couche, sous l'effet de l'alcool et des drogues les barrières disparaissent et les langues se délie nt.
"A Jérusalem la vie est rythmée par les attentats à la bombe, on n'est pas sûre d'être vivant  demain, alors les jeunes ont la rage de vivre"


Vendredi soir, le soleil se couche sur les murailles de la ville et de longs cortèges de familles religieuses habillées de leurs plus beaux vêtements pour le  Shabbat se dirigent vers le Kotel. Au même moment les basses d'une musique électronique hard-core résonnent dans toute la rue Yafo, l'artère principale du centre ville. Il y a une fête sur le toit d'un immeuble. Yaëlle nous entraine dans une cage d'escalier complètement délabrée. D'en haut  on aperçoit toute la ville, une centaine de bières ont déjà été vidées. Cette fête d'anniversaire a commencé à 16 heures avec un barbecue, il ne reste que des fonds de bouteilles de whisky et de vodka bon marché. Il est à peine 22 h00, la foule est déjà ivre et des joints continuent de circuler. La police viendra d'un moment à l'autre pour tapage nocturne, "Comme d'habitude, on se cotisera pour payer la contravention de 1000 shequels (185 euros). Une fois qu'ils seront partis on remettra la musique à fond! Qu'ils aillent se faire voir ces connards!" s'exclame Moti,  l'organisateur de la fête. Quelques heures plus tard, un petit groupe aux yeux dilatés continu à danser sur le toit. "A Jérusalem la vie est rythmée par les attentats à la bombe, on n'est pas sûre d'être vivant demain, alors les jeunes ont la rages de vivre" nous confie Léa, la mère de Moti elle aussi invitée à la fête. Cette femme de 60 ans qui semble sortir tout droit de Woodstock n'a pas du tout l'air choquée par les quantités de drogues et d'alcool consommées ici.  D'après de récentes études menées par les Autorités israéliennes de lutte contre la drogue, plus de 35% de la population Israélienne âgée  de 18 à 30 ans fume régulièrement de la marijuana ou du haschisch (juifs et arabes confondus). L'extasie arrive en deuxième position, la coke quant à elle est consommée régulièrement par plus de 20 000 israéliens. Un nouveau phénomène est apparu il y a quelques années:   les drogues vendues à l'épicerie, sous couvert d'"énergisant". Ces substances ressemblant fortement à l'extasie sont interdites à la vente libre par le Ministère de la santé israélien au bout de quelques mois et reviennent régulièrement sur le marché  sous des noms différents. Yaëlle nous alpague, DJ Paul Spark d'Amsterdam joue ce soir  à l'Haoman 17, "une soirée à ne pas rater" dit-elle.

"C'est la plus grande discothèque du Proche Orient, les clubbers viennent même de Tel-Aviv pour les soirées spéciales"

Contrairement à Tel-Aviv, "capitale nationale de la fête",  les lieux débridés de Jérusalem sont plus discrets, il faut les  connaitre pour les trouver. Cette ville peut sembler complètement morte d'apparence après 21 heures si on n'emprunte pas les bonnes rues au bon moment. A quelques minutes en taxi, la nuit est encore plus bruyante dans la rue Haoman au fin fond de la zone industrielle de Jérusalem. C'est ici que se trouvent les boîtes de nuit "branchées" de la ville. Devant la porte de l'Haoman 17, un petit groupe de gens attend. Une jeune femme entourée de cerbères vigilants filtre les entrées de ce club très à la mode.  Des DJ du monde entier s'y produisent. A l'intérieur on danse et on s'embrasse frénétiquement. La foule hurle, applaudit, la plupart sont des jeunes entre 2o et 30, ans, tout le monde est "en transe". Des serveuses magnifiques s’affairent derrière le bar et 4 danseuses se trémoussent presque  nues sur des podiums. Des couples disparaissent dans les toilettes. On sort par le jardin, c'est là qu'ont lieu les célèbres afters de l'Haoman qui commencent le  samedi matin pour se terminer en fin d'après-midi. "C'est la plus grande discothèque du Proche Orient, les clubbers viennent même de Tel-Aviv pour les soirées spéciales" annonce fièrement Yaëlle. Cette architecte de 30 ans  est une irréductible de Jérusalem. Comme beaucoup de jeunes laïques de la ville, elle aussi a essayé de faire son trou à Tel-Aviv, elle a tenu le coup deux ans. "Les Tel-Aviviens sont trop superficiels, les mecs ne pensent qu'à vous sauter.  Tel-Aviv, c'est comme les Etats-Unis, chacun vit dans son propre ghetto. Ici au moins les différents groupes socioculturels se mélangent, surtout la nuit tu ne sais jamais sur qui tu vas tomber, c'est très excitant…"ajoute-telle le regard lumineux.

« Dans ce lieu plus rien n'a d'importance, on peut être arabe, juif, religieux, laïque, gaye ou hétéro, personne ne vous observe bizarrement »

Il est 4 heures, mais les nuits sont longues à Jérusalem. Retour dans le quartier du centre ville, sur la place de  Sion, une voiture blindée et 4 soldats de Tsahal observent la foule. On aurait presque oublié qu'il y a eu plus de 8 attentats entre 2001 et 2007  dans ce quartier. Sur le chemin une ribambelle de bars clinquants contraste avec les façades en pierre blanche des ruelles piétonnes de  Jérusalem. Des tables débordent sur la chaussée où des jeunes qui semblent n'avoir pas plus de 18 ans sirotent encore des "vodkas red-bull". Parmi eux des soldats et soldates israéliennes en permission, reconnaissables grâce à leur fusil dont ils n'ont pas le droit de se séparer pendant toute la durée du service militaire obligatoire qui dure 3 ans pour les garçons et 2 ans pour les filles.  En route pour le  Sira, cet endroit anciennement appelé Diwan, a été fondé par un couple mixte arabo-juif dans les années 90, c'est le fief de la culture alternative de Jérusalem. On y trouve tous les paumés de la nuit, même des religieux vêtus de noirs  avec papillotes et kippas, qui semblent s'être échappé pour quelques heures des quartiers religieux de la ville. Chaque jour un style de musique différent, il y en a pour tous les goûts. Dans ce lieu plus rien n'a d'importance, on peut être arabe, juif, religieux, laïque, gaye ou hétéro, personne ne vous observe bizarrement. Dans la cour dehors des oiseaux de nuit fument librement des joints sous les yeux du videur. Moussa, est un arabe israélien qui mixe lors des soirées de la Pacothèque, un label qui organise des "soirées électro" clandestines dans des hangars désaffectés ou des maisons abandonnées. "Il n'est pas rare au Sira de croiser des jeunes israéliens débattant de la légitimité de l'existence de l'état Hébreu avec un  groupe d'arabes de Jérusalem Est. Ces moments là n'arrivent qu'ici, vous ne verrez ça dans aucune des milliers de conférences pour la paix organisées par l'ONU" raconte-t-il.  La fumée nous empêche de respirer et  la musique expérimentale crachée par d'énormes baffles devient un peu oppressante.  Dehors, le soleil pointe, des juifs orthodoxes passent sans nous voir,  un livre de prière sous le bras. On suit Yaëlle et Moussa,  il est l'heure de trouver une "after"...

 

Par Helene Machline - Publié dans : Sociétés
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