Temoignage, Tirsa une jeune mère israélienne raconte son expérience avec le babyshape
Tout le monde sait qu'il est difficile de retrouver son poids initial après un accouchement. Tissus, muscles, organes, tout l'organisme est profondément modifié, et souvent la
femme a l'impression que son corps ne sera jamais tout à fait le même. Le sentiment de culpabilité lorsque l'on se déplace sans son nouveau-né empêche souvent les nouvelles mères de
s'inscrire à un cours de remise en forme quel qu'il soit. Une situation qui peut amener à l'isolement, voire à la fameuse dépression post-natale. En Israël un nouveau sport fait fureur
auprès des mamans qui viennent d'accoucher, le babyshape, un programme d'aérobic pour nouvelles mamans accompagnées de leurs bébés. Le concept est simple, le poids du bébé et la poussette
sont utilisés comme des appareils de sport. Les activités se déroulent en plein air et en chantant.
D'après les participantes, il s'agit d'un véritable remède au spleen qui peut survenir après l'accouchement. Une psychologue américaine, Rachelle Oseran, est à l'origine du concept de babyshape. L'étude qu'elle a réalisée a démontré que 2 facteurs principaux permettent de lutter contre l'abattement moral qui peut survenir après une naissance: Se trouver en compagnie d'autres femmes qui viennent d'accoucher et passer du temps en plein air.
Les exercices de babyshape se déroulent dans des jardins publics et chaque séance dure une heure. C'est au Parc des Roses à Jérusalem que nous avons rencontré une dizaine de jeunes femmes pendant les exercices d'entrainement. Nous y avons connu Tirsa 28 ans, maman d'Ariel âgé de 7 mois. Elle a accepté de confier à Enfant Magazine les difficultés qu'elle a vécu après la naissance d'Ariel et la manière dont elle s'en est sortie.
"Jusqu'à la naissance d'Ariel, j'ai été professeur de musique dans un collège à Jérusalem, j'ai du arrêter toute activité professionnelle deux mois avant la naissance, car le bébé était mal accroché. On peut dire que mon mode de vie a complètement changé à ce moment là. Auparavant j'étais toujours très occupée, physiquement comme mentalement. Par ailleurs j'ai décidé de prendre une année sabbatique pour élever Ariel car je suis convaincue que c'est important pour le développement psychologique du bébé d'être avec sa mère pendant la première année.
Mon travail de professeur est épuisant, je me suis sentie incapable d'assumer le bébé et un emploi en même temps. De plus, il y a des moments que je ne voudrai rater pour rien au monde, comme son premier sourire ou sa première grimace.
C'est très dur de rester à la maison seule avec le bébé
Ariel est notre premier enfant, je n'ai pas vraiment d'expérience antérieure avec des nourrissons. Au début j'ai eu l'impression qu'il pleurait sans cesse. Ca a été très dur d'être toute la
journée seule avec le bébé à la maison. Je ne pouvais aller nulle part, les pleurs d'un bébé dérangent dans la majorité des lieux publics.
Shaï, mon mari occupe deux emplois, il est joueur de clarinette, dans un groupe de musique Klezmer , il travaille souvent le soir dans des mariages et pendant la journée il est comptable. Quant a moi je n'ai pas pu me séparer du bébé ne serait ce qu'une demi journée puisque je l'allaite. En plus j'ai eu l'impression d'être devenue énorme et très faible physiquement. J'ai entendu parler de l'existence de babyshape, par hasard, à un atelier de fabrication de bijoux auquel je suis allée à la fin de ma grossesse.
J'ai commencé les séances de babyshape, lorsque le bébé a eu deux mois, surtout parce-que c'était la seule activité sportive à laquelle je pouvais emmener Ariel. Je ne me suis pas doutée que les femmes que j'allais rencontrer au babyshape deviendraient un véritable soutien moral. Cela m'a fait un bien fou de pouvoir partager mes sentiments avec des personnes qui ont vécu la même chose que moi.
Il y a quelque chose de magique qui se produit lorsque nous nous retrouvons toutes ensembles. Au début j'arrivais à chaque cours de baby shape en pleurant parce que le bébé n'avait pas voulu manger, ou bien parce qu'il avait eu faim alors que j'étais coincée au milieu d'un embouteillage. Toutes les autres participantes ont eu une oreille attentive et m'ont donné des conseils vraiment très utiles, alors que d'habitude ce genre de propos n'intéressent personne. J'ai reçu énormément de conseils très utiles. Il y a toujours quelqu'un qui a vécu exactement la même chose que toi avant toi. Cela m'a permis de relativiser mes problèmes.
Entre 2 et 10 personnes participent à chaque session. Certaines pendant deux ans d'affilées, jusqu'à que cela devienne ennuyeux pour le bébé, d'autres pendant quelques mois.
Courir avec une poussette, porter un bébé en faisant des exercices d'aérobic, c'est physique. Ariel pèse à présent 8 kg, après une heure de babyshape j'ai vraiment l'impression d'avoir fait du
sport. Le fait de sortir de la maison, d'accomplir un acte pour moi me fait du bien.
Cette activité a influencé mon comportement avec le bébé
C'est aussi l'occasion pour Ariel de voir d'autres bébés. J'ai l'impression qu'il apprécie les moments que l'on passe au parc. Je peux même vous dire quel exercice il préfère : La "grande ronde!", nous disposons tous les bébés côte à côte sur un tapis et les mamans font une ronde en chantant, soulèvent un grand voile au dessus des bébés et le laissent tomber sur eux en s'accroupissant à côté des nourrissons. Bien qu'Ariel dorme en général très peu, après un cours de babyshape il s'assoupit comme un ange . Cette activité a notamment influencé mon comportement avec le bébé, je lui chante beaucoup plus de chansons. Il m'arrive aussi de faire des mouvements d'aérobic et d'assouplissement avec lui dans le salon de la maison.
Aujourd'hui j'ai retrouvé ma forme physique et mon positivisme. Je sais que c'est normal d'éprouver des difficultés avec son enfant, surtout lorsque c'est un premier né. J'ai des projets d'avenir. Je souhaite ouvrir un atelier d'éveil musical pour mamans accompagnées d'enfants en bas âge. "