Archéologie

Vendredi 25 avril 2008

 

Le 8 mai 2007, des chercheurs de l'Université Hébraïque de Jérusalem ont annoncé   la  découverte du tombeau d'Hérode 1er le Grand, après plus de 35 ans de fouilles archéologiques. Le sarcophage a été découvert sur le versant Nord Est de l'Hérodion, une colline artificielle bâtie sous le règne d'Hérode 1 er le Grand au sommet de laquelle se trouve un palais, à une douzaine de   kilomètres au sud de Jérusalem, le seul site qui porte son nom.


Les archéologues n'ont pas retrouvé d'ossements dans le tombeau, ni d'inscriptions portant le nom du souverain. Cependant, "Il y a trois semaines, nous avons découvert des éléments du sarcophage - en pierre de Jérusalem rougeâtre et ornés de rosettes-, l'emplacement, et la nature unique des vestiges nous ont permis d'affirmer qu'il s'agissait bien du site de son tombeau » a déclaré le professeur Ehoud Netzer directeur des fouilles de l'Hérodion depuis 1972. Le sarcophage devait mesurer

2,5 de long et a été fermé par un couvercle à section triangulaire. Découvert en centaines de morceaux, les fragments de sarcophage portent des traces de coups de marteaux montrant qu'il a été brisé volontairement, sans doute en 66 ap. JC lors de la grande révolte des juifs, ont précisé les chercheurs. Cette révolte a été initiée par les Zélotes, des  groupes de juifs qui ont combattu le pouvoir romain les armes à la main.

Jusqu'en août 2006, les fouilles se sont concentrées sur la partie inférieure du site, où ont été découverts des vestiges de constructions prévues pour les funérailles d'Hérode. Les chercheurs ont mis à jour un immense bassin rituel (Mikhvé), ainsi qu'une allée immense, de 350 m de long sur 30 mètre de large. Cependant  aucune trace de tombeau n'avait été retrouvée à proximité. En août 2006, les fouilles ont été réorientées plus haut sur la colline, là ou le sarcophage a été découvert. Les archéologues de l'Université Hébraïque de Jérusalem ont émis l'hypothèse que dans les dernières années de sa vie, Hérode avait changé d'avis et décidé de se faire enterrer dans la partie supérieure d'Hérodion. Flavius Josèphe a décrit les obsèques du roi Hérode, relatant un défilé de ses troupes armées marchant devant le corps du souverain défunt,  suivis de ses 500 serviteurs portant des épices."Le corps a été transporté sur une distance de plus de 200 mètres jusqu'à l'Hérodion.” D'après le professeur Netser, ce récit correspond   vraisemblablement a la longue allée mise a jour par les archéologues, qui aurait été construit spécialement pour le cortège funéraire; tout comme l'escalier monumental d’accès au tombeau composé de marches en pierre de 6,5 mètres de large. Le sarcophage a été trouve sur une esplanade de cent mètres carrés, couverte d'un dallage de pierres taillées.

 

L'historien Flavius Josèphe a rappelé dans ses mémoires qu'Hérode avait fait construire l'Hérodion à l'emplacement d'une bataille qu'il avait remportée contre les Asmonéens et y avait réservé un terrain pour une sépulture royale où il comptait être enterré. Hérode Ier le Grand était issu d'une famille convertie au judaïsme trois générations plus tôt, désigné «roi des Juifs» par le sénat romain, il a toujours été considéré comme un étranger par la majorité de la population juive. Il a règne sur tout le royaume de David entre l'an 37 et 4 avant Jésus-Christ, l'histoire a gardé le souvenir d'un roi cruel et sanguinaire, réputé pour ses exécutions sommaires.  

 

Surnommé également le roi bâtisseur,  Hérode  Ier a fait bâtir de nombreux édifices gigantesques et des places fortifiées sous son règne.  En trente années, il a fait construire les remparts de la vieille ville, le théâtre et amphithéâtre de Jérusalem, Massada, Cypros,  Alexandréion, Hyrcania et Machéronte. L'architecture de ses nombreuses constructions à Samarie, Césarée et Jéricho, ont témoigné qu'il a été profondément helléniste. Il a pourtant décidé en l'an 20 avant JC de restaurer le Temple juif de Jérusalem auquel il a ajouté la forteresse Antonia. La bienveillance d'Hérode pour les Grecs païens et les Samaritains lui a valu l'hostilité des Pharisiens. Flavius Josèphe a prétendu qu'à la veille de sa mort, il avait voulu ordonner le massacre des docteurs pharisiens, « pour être sûr que les Juifs pleureraient après sa mort ». Au contraire, un courant juif minoritaire, les Hérodiens, le considéraient comme le Messie annoncé.

Les dépêches d'AP et AFP et Reuters ont annoncé la découverte archéologique   en rappelant que le tombeau découvert était celui d'Hérode cité dans l'évangile de Matthieu (II, 16), responsable du "Massacre des Innocent". "Craignant la naissance d'un nouveau roi des Juifs en la personne de Jésus, Hérode ordonne l'assassinat de tous les enfants mâles vivant à Bethléem, la ville natale de Jésus, par crainte d'être détrôné. La fuite en Egypte de Joseph et Marie avec leur enfant est liée à cet épisode de l'Histoire : il s'agissait de cacher Jésus pour que l'enfant échappe à ce massacre" (Reuters, le 9 mai 2007). Une manière étonnante de présenter cette découverte archéologique, si l'on prend en compte le fait que cet évangile a pourtant été sujet à de nombreuses controverses. Plusieurs 'Hérode'  ont succédé Hérode 1er le Grand, qui en outre est décédé en l'an 4 avant Jésus-Christ; entre autre son fils d'Hérode Antipas II qui a vécut de 21 avant J.C a 39 après JC, et   son petit-fils Hérode Agrippa I (27-93 après JC).

Les fouilles archéologique de l'Hérodion ont été entreprises par des moines franciscains à la fin des années 1950 et confiées, en 1972, cinq ans après la guerre des 6 jours, à une équipe d'archéologues israéliens dirigés par Ehoud Netzer, de l'université hébraïque de Jérusalem. Dès l'annonce de cette découverte majeure, les archéologues palestiniens et la presse étrangère ont déclaré qu'Israël a utilisé cette découverte archéologique pour réaffirmer la légitimité de sa présence dans la région; l'Hérodion se trouvant dans le Goush Etsion, en zone C de Cisjordanie.  L'archéologue  palestinien Ouael Hamamra a supposé qu'il s'agissait de la tombe d'un des officiers d'Hérode, Israël aurait exagéré l'importance de cette découverte pour en faire un parc archéologique. « Les fouilles archéologiques de l'Hérodion par des Israéliens sont illégales,  le site se trouve en zone C, et devrait être fouillé par des archéologues palestiniens», a-t-il ajoute. Le ministre palestinien du Tourisme Khulud Dwaibess, responsable des sites archéologiques palestiniens, a quant à lui déclaré qu'une équipe d'archéologues palestiniens devaient inspecter le site et qu'il ne souhaitait pas commenter la découverte avant d'avoir reçu leur rapport.  La découverte de ce tombeau "constitue une nouvelle preuve du lien existant entre Gush Etzion avec le peuple juif et Jérusalem", a pour sa part déclaré à la radio militaire Shaoul Goldstein, responsable du conseil municipal de Gush Etzion.

L'Hérodion est situé entre les implantations juives Tekoa, Nokedim et les villages arabes Furdeis et Zetra. Déjà depuis 1980 le site a été un parc archéologique de l'Autorité Israélienne pour la Protection de la Nature et des Parcs Nationaux. Les visiteurs ont été très rares depuis le début de la dernière intifada. En attendant de trouver une inscription portant le nom du défunt, les polémiques vont bon train dans une région ou même une découverte archéologique aussi passionnante que celle-ci retranscrit l'ampleur des conflits politiques.

Par Helene Machline
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Jeudi 24 avril 2008

Rédigé le 01/10/2007

A Jérusalem, des archéologues pensent avoir mis à jour une  carrière exploitée pour la construction  du Temple d'Hérode.

"Nous savons enfin comment Hérode a puréaliser ses travaux gigantesques et où il a trouvé ses blocs de pierres, parfois plus imposants que ceux des pyramides d'Egypte", a assuré dimanche 23 Septembre devant la presse, Youval Baroukh archéologue du Département des Antiquités Israéliennes et co-directeur des fouilles du site.

Des blocs de 6 à  8 mètres longueur,  similaires à ceux utilisés il y a 2.000 ans, sous Hérode 1er dans ses travaux d'agrandissement du Second Temple, ont été extraits de cette carrière découverte à Ramat Shlomo, un quartier de Jérusalem situé à 3 km au Nord du Mont du Temple. C'est une inspection de routine préalable aux travaux de construction d'une école, qui a permis cette découverte sans précédent. Selon John Seligman le deuxième archéologue dirigeant les fouilles, cette carrière serait le seul endroit en "Eretz Israël" (Israël d'après ses frontières bibliques) où des blocs de telles dimensions ont été extraits. "Les blocs de pierres provenant de ce site  pesaient de  5 à 7 tonnes, et sont similaires à ceux du  Kotel hamaaravi (Mur Occidental) " a ajouté Yuval Barukh.

En outre, des pièces de monnaie, des tessons et des outils datant de l'époque du roi Hérode 1er le Grand  ont été mis à jour sur le site. Un burin en fer a été trouvé fiché dans une fissure entre deux blocs, une découverte  étonnante  à une époque ou le fer était une denrée rare."Ce burin a probablement été oublié ou abandonné par une personne qui a travaillé ici. L'une des deux plaques coniques l'étayant a par erreur été montée à l'envers", a précisé l'archéologue en montrant une pièce rouillée d'environ 5 kilogrammes.

Le Temple d'Hérode a été une extension massive du Second Temple, comprenant également une rénovation du Mont du Temple; ces travaux ont été initiés par Hérode Ier le Grand vers -19. La pierre extraite de la carrière  de Ramat Shlomo est appelée "malaké" en arabe, qui  signifie "royal" ;"cette roche est dure et d'un blanc éclatant rappelant le marbre "a precisé Youval Baroukh. L'historien juif Flavius Josèphe (37-100 après JC) qui a offert un témoignage capital de l'époque du Temple d'Hérode, ébloui par l'éclat des façades de l'édifice, hautes de 30 à 40 mètres, avait cru qu'elles étaient faites de marbre. Les ouvriers d'après l'historien étaient des équipes de quelques dizaines d'hommes souvent formées d'esclaves juifs,  ils se servaient de burins de fer en frappant simultanément sur la pierre, qui était ensuite détachée de la paroi à l'aide de madriers, des planches de bois très épaisses qui pouvaient être huilées ou gonflées d'eau pour détacher le bloc de la paroi rocheuse. Les blocs de pierre étaient ensuite deplacés  à l'aide de leviers puis transportés sur des chariots. Des dizaines de milliers d'hommes, chevaux et chameaux étaient dévolus à cette tâche.

L'axe routier reliant Ramallah à la Vieille ville de Jérusalem, qui abrite le Mont du Temple, se trouve à quelques centaines de mètres de la carrière. "Sur son parcours, nous avons découvert il y a deux semaines des vestiges d'une route construite à l'époque du roi Hérode 1er, justement pour le transport des blocs de pierres", a precisé l'archéologue John Seligman. Il a notamment  ajouté que 3 km ne constituaient  pas une grande distance, dans la mesure où la carrière est située à une altitude plus haute que le Mont du temple, la route en pente descendante jusqu' à la vieille ville, a facilité le transport des blocs de pierre sur des chariots à roues. D'autres carrières ont été exploitées à la même période; la carrière de Ramat Shlomo n'est pas la seule à avoir été utilisée pour ces gigantesques travaux. Mais cette découverte reste unique, il n'existe jusqu'a présent pas d'autres endroits ou des pierres aussi grandes et lourdes ont été extraites.

Les gigantesques travaux entrepris sous le règne d'Hérode 1er le Grand ont commencé par un agrandissement de la surface se trouvant au sommet du Mont Moria ( appele aujourd'ui egalement  Mont du temple / Esplannade des Mosquées ), afin d'obtenir une plus grande surface de construction pour agrandir le Temple. Des remplissages tout autour du Mont Moria ont été entrepris et des souterrains géants dont le sol se trouve  a au moins 6 mètres sous le niveau actuel, ont été creusés. Le Kotel ha maaravi - Mur Occidental était un mur soutenant les remblais autour du Mont grossit.  Lorsqu'en 1967, Israël a repris le contrôle de la vieille ville de Jérusalem,  les archéologues ont realisé que le Mur Occidental s'etendait tout autour du Mont du Temple, une partie est encore visible  près de la Porte des Lions. Les vestiges du Temple sont toujours un sujet délicat trop souvent utitlisé comme argument politique. A Camp David certains archéologues ont avancé  que le Mur Occidental était un mur consolidant la terrasse sur laquelle le second Temple était dressé à la même latitude que les mosquées d’aujourd’hui.  Pourtant, les recherches des archéologues israèliens ont montré que les fondations du Second Temple sont à un niveau plus bas que le sol de l'actuel esplanade, et dès lors, que les ruines du Temple restent à découvrir dans le sous-sol des mosquées.

 

Par Helene Machline
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